SYNDICAT NATIONAL DE L'ENSEIGNEMENT SECONDAIRE
POLYNESIE FRANCAISE

 

REFORME DU LYCEE :

La réforme du lycée ne permet pas d'assurer les missions dédiées aux enseignants, les horaires d'enseignement sont insuffisants, les groupes d'élèves passent à 24 au lieu de 15, les groupes de compétences en langues déstructurent les classes. L'accompagnement personnalisé est une bonne mesure de principe mais dont l'organisation s'annonce très problématique. Les disciplines sont mises en concurrence, annonçant de futurs conflits. Les programmes sont des enseignements superficiels et idéologiques qui ne préparent nullement les élèves à l'esprit critique et au travail personnel. Les évaluations des enseignements d'exploration ne sont pas encore définies. La voie technologique qui permettait à de nombreux élèves de retrouver confiance est orientée vers plus d'enseignements généraux ce qui signifie plus d'échecs scolaires. Les voies STI et STL vont perdre leurs horaires d'apprentissage pratique. Les options arts, théâtre, langues anciennes vont disparaître faute de moyens horaires.

Le SNES Polynésie dénonce une réforme sans moyens, sans formations dont le seul but est de récupérer des postes et d'augmenter les heures supplémentaires.

SOCLE COMMUN DE COMPETENCES :

La réalité dépasse la fiction, quand aucune académie n'a réussi à faire valider tous les items du livret de compétences, le ministère national le rend obligatoire alors que les inspecteurs nationaux émettent de fortes réserves. Les contenus des programmes sont soient incohérents, soient inadaptés au développement mental des élèves. L' épreuve d'histoire des arts au DNB est inapplicable sur le plan pratique. Les compétences acquises une année sont définitives. La validation des compétences perd son sens compte tenu de la pression hiérarchique que va subir chaque enseignant .

La pratique du B2i et le A2 détournée de son idée première justifie toutes nos inquiètudes.

LA PLACE DE L'ENSEIGNANT  :

Un enseignant de moins en moins concepteur de son enseignement et de plus en plus simple exécutant.

Moins de liberté pédagogique, moins de reconnaissance du métier, moins de motivation, plus d'élèves par classe, plus de charge de travail, plus de pressions, plus de fatigue, plus d'échec scolaire. Vive l'école de la république!

Des chefs d'établissements de plus en plus préoccupés par les résultats font que :

  • Les avis de l'équipe pédagogique aux conseils de classes sont souvent contournés
  • Les chefs d'établissements ont plein pouvoirs pour les validations
  • La mise en place du conseil pédagogique est une remise en cause de la représentation démocratique et syndicale des élus. La nomination arbitraire des membres du conseil par les chefs d'établissements va créer une hiérarchie malsaine entre les enseignants.

Tout est prétexte pour maintenir les enseignants le plus longtemps possible dans les établissements :

  • Multiplication des réunions improductives
  • Emplois du temps très étalés.

L'utilisation abusive de messageries électroniques personnelles comme moyens d'information et de convocation, est une atteinte à la vie privée des enseignants.

Les CPE sont de plus en plus sollicités pour assurer des responsabilités qui ne relèvent pas de leur statut.

La participation aux PAI doit rester volontaire et les enseignants ne doivent en aucun cas pratiquer un acte médical.

Le SNES Polynésie rappelle son attachement à l'accueil de tous les élèves en particulier ceux en situation de handicap, cet accueil doit se faire conformément aux textes en vigueur et réclame que des moyens suffisants y pourvoient (AVS, aménagements matériels, formation des enseignants)

Les copsy en sous-effectif ne peuvent pas intervenir correctement auprès de tous les élèves, les enseignants n'ont pas à se substituer.

LA CRISE ECONOMIQUE  :

Les enseignants réunis en congrès constatent une recrudescence d'incivilités dans les établissements, la dégradation des conditions de vie va accélérer l'absentéisme et la démotivation pour les études. Une société inégalitaire, pauvre et illettrée se tourne très vite vers le fanatisme et la criminalité. L'éducation et la santé doivent rester les priorités des gouvernements. La crise ne doit pas servir d'alibi pour amputer les budgets de fonctionnement des établissements et légitimer le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux.

LA FORMATION DES MAITRES  :

La réforme va faire régresser l'océanisation des enseignants du second degré, car l'UPF ne peut pas prendre en charge plus de trois maîtrises. Les étudiants se tournent vers le concours de P.E La formation des stagiaires n'a toujours pas été arrêtée, les propositions du ministère territorial ne sont pas acceptables car elles font supporter la formation aux tuteurs sans en préciser les modalités ni le financement. Le SNES Polynésie réaffirme son attachement aux concours nationaux.

Le SNES Polynésie demande la formation aux concours de COpsy, d'assistante sociale, de CPE et de documentaliste.

L'AUTORITARISME :

Trop de collègues sont victimes de harcèlement moral et de mesures vexatoires dans les établissements.

Le statut des personnels n'est pas respecté, il est même bafoué par la hiérarchie institutionnelle. Le SNES Polynésie revendique l'application de tous les droits syndicaux tels qu'ils sont définis au décret 86-447. Le refus des autorisations d'absence pour le congrès 2010 en est une violation inacceptable.

CONDITIONS MATERIELLES :

Malgré les nombreuses promesses des gouvernements successifs, l'état des établissements en Polynésie continue de se dégrader.

Les parcs informatiques sont à renouveler

Les bâtiments sont vétustes, insalubres, avec de l'eau non-potable, des sanitaires insuffisants et dans un état lamentable.

Les crédits de fonctionnement et d'investissement doivent être utilisés et non bêtement perdus faute d'engagement des dépenses.

POSITIONS SYNDICALES :

Le SNES Polynésie demande que cessent immédiatement toutes les menaces ou pressions afférentes à la remise à disposition des enseignants quels qu'ils soient expatriés ou résidents.

Le SNES Polynésie s'oppose à la validation des compétences A2, B2i, livret dans les conditions actuelles.

Le SNES Polynésie exige la création d'une Commission d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail.

Le SNES Polynésie rappelle aux chefs d'établissements, représentants de l'Etat, qu'ils sont les garants des droits statutaires des personnels.

Le SNES appelle au refus des tutorats pour les prochains stagiaires.

MOTIONS ADOPTEES AU CONGRES DE MAI 2010

 

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